Se loger


« Paris reste, avec Londres, la ville la plus chère d’Europe et ceci a des conséquences graves. Notre ville perd chaque jour de sa substance et de sa diversité avec les classes moyennes notamment les familles, contraintes de quitter la capitale, et le risque à terme de voir se développer une ville à deux vitesses et socialement désintégrée laissant face à face les plus aisés et les plus modestes. » Marielle de Sarnez.
Immeuble rue de Bagnolet 1250x400
Le 20ème assure une fonction résidentielle qui va s’accentuant. Ainsi, l’arrondissement a gagné 13929 habitants entre 1999 et 2010 (+5,5% de la population contre +2,6% à Paris sur la même période).  Avec 198 576 habitants recensés en 2010 le 20ème est le 3ème arrondissement le plus peuplé de Paris. La densité y est très élevée : 32 308 habitants par km2 en 2006, ce qui fait du 20ème l’arrondissement le plus dense de Paris après le 11ème. Des écarts peuvent être importants entre les quartiers. Par exemple on compte 75000 habitant par km2 dans le quartier Saint-Blaise. On comptait 104 217 logements en 2006 dont 95 465 résidences principales (taux supérieur à la moyenne parisienne) et 70,3% de locataires et 26,2% de propriétaires (contre 32,8% à Paris). Le parc de logement y est plus récent qu’ailleurs avec une grande partie du bâti qui date des années 1970-1990. Une part importante du parc est consacrée au logement social (26,2% du total des logements contre 15,6% en moyenne à Paris), lequel est occupé en grande partie par des catégories populaires. Certains appartements dans l’habitat social peuvent cependant rester libres pendant plusieurs années tandis que 11 700 personnes attendent un tel logement dans le 20ème : créer un guichet municipal unique d’attribution afin de lutter contre l’opacité des attributions (Mairie de Paris, d’arrondissement , préfecture de Police) serait un objectif profitable à tous. Enfin, le prix moyen d’un appartement au mètre carré est passé de 3000€ en 2001 à 8200€ en 2011.
Aujourd’hui seules les classes les plus aisées peuvent s’installer ou rester dans le 20ème arrondissement, ou les catégories populaires à condition d’arriver à bénéficier du logement social. La fracture que cela annonce dans l’arrondissement est criante. L’hyper concentration du logement social dans certains de nos quartiers conduit évidemment à l’émergence de ghettos. De ce point de vue, l’adoption d’une nouvelle Zone de Sécurité Prioritaire (ZSP) signe l’échec des politiques du logement conduites dans le 20ème. Notre priorité sera donc d’agir en faveur du logement intermédiaire et de l’augmentation du nombre de logements familiaux dans les programmes de réhabilitation ou de constructions nouvelles, pour aider les familles et les classes moyennes à rester dans le 20ème.

Nos propositions

Réorienter la politique du logement en aidant plus qu’actuellement les familles et les classes moyennes, en facilitant l’accès à la propriété et en luttant conte la ghettoïsation de certains de nos quartiers :

  • Permettre aux classes moyennes de rester dans le 20ème en mettant désormais clairement l’accent sur le logement intermédiaire ;
  • Augmenter le nombre de logements familiaux dans les programmes de réhabilitation ou de constructions nouvelles (prévoir au moins 50% de logements de plus de 2 pièces pour tout nouveau programme) ;
  • Mieux prendre en compte le vieillissement de la population en augmentant le nombre de logements adaptés pour les personnes âgées ;
  • Faciliter l’accès à la propriété en proposant 20% des nouveaux logements aux Parisiens à un prix inférieur de 25% à celui du marché ;
  • Pour éviter le phénomène de ghettoïsation, ne plus construire de logements sociaux dans les quartiers de l’arrondissement qui en comptent déjà plus de 30%.

Mieux prendre en compte les propriétaires et les locataires du parc privé qui ont été complètement oubliés par la gauche :

  • Mettre fin à l’augmentation de la fiscalité locale pesant sur le logement (taxes foncières et taxe d’habitation) grâce à une réduction des dépenses de fonctionnement de la mairie et s’engager à réduire la taxe de balayage (qui pèse aussi sur les charges locatives payées par les locataires) ;
  • Accompagner les propriétaires de l’arrondissement qui souhaitent réaliser des travaux de rénovation thermique (information, conseil, accompagnement dans les démarches, accès aux aides financières…) ;
  • Eviter la dévalorisation du patrimoine immobilier de ceux qui ont investi en achetant un appartement dans le 20ème en améliorant les conditions de sécurité dans nos quartiers (vidéo-protection, éclairage dissuasif la nuit…) et en améliorant le cadre de vie en général (propreté des rues, qualité de la voirie et des aménagements municipaux…) ;
  • Assurer une meilleure prévention du risque d’impayés de loyers, tant au profit des propriétaires que des locataires, en mobilisant de façon prioritaire les services sociaux sur cette problématique et en détectant au plus tôt les situations à risque afin de réduire à terme les risques d’expulsion.

Mieux prendre en compte les attentes des locataires du parc social :

  • Exiger des bailleurs sociaux qu’ils privilégient la qualité des logements dans l’arrondissement et veiller à ce qu’ils garantissent un niveau satisfaisant d’entretien du parc social (propreté et sécurisation des parties communes, bon fonctionnement des ascenseurs, réparation rapide des dégradations constatées…) ;
  • Favoriser l’accès à la propriété des locataires du parc social de l’arrondissement qui souhaitent devenir propriétaires de leur logement ;
  • Augmenter le nombre de gardiens et de concierges dans le parc social.

Clarifier les pratiques en matière d’attribution de logements sociaux et favoriser les demandeurs qui résident déjà dans l’arrondissement :

  • Pour la part des logements attribués sur le quota du Maire d’arrondissement, considérer comme prioritaires les demandeurs qui résident déjà dans le 20ème ;
  • Réduire la durée d’instruction du dossier des demandeurs de logement qui s’adressent à la mairie d’arrondissement ;
  • Assurer la transparence dans le processus de sélection et de désignation des bénéficiaires de logements sociaux sur le quota du Maire d’arrondissement (mise en place d’un système d’attribution par point et d’un système objectif de « scoring »).

Œuvrer en faveur d’un urbanisme à visage humain pour préserver l’esprit village de notre arrondissement :

  • Refuser  fermement la construction de nouvelles tours ou de barres d’habitation dans notre arrondissement ;
  • Ne pas engager de constructions massives dans les secteurs du 20ème où la densité (le nombre d’habitants par rapport à la surface disponible) est déjà supérieure à la moyenne de l’arrondissement ;
  • Ventiler par catégories les logements neufs construits :
    • 25% de logement sociaux
    • 10% pour les résidences étudiants, jeunes travailleurs et personnes âgées
    • 20% de logements intermédiaires pour les classes moyennes sous forme de prêt locatif intermédiaire (PLI)
    • 20% de locatif privé
    • 25% en accession et accession sociale à la propriété
  • Prévoir un mobilier urbain adapté pour une ville plus agréable, notamment en installant davantage de bancs publics dans l’arrondissement et des tables sur les principales places (place Edith Piaf par exemple) ;
  • Lutter contre les nuisances sonores dont souffrent les habitants de l’arrondissement vivant à proximité des grands axes de circulation (principaux boulevards et avenues de l’arrondissement, périphérique), notamment en aménageant la chaussée de revêtements anti-bruit lorsque cela est possible.

 

Le plan Marshall pour le logement proposé par Marielle de Sarnez

 

De tous les grands dossiers de Paris, celui du logement est le plus crucial. Il détermine tous les autres sujets qui sont de la responsabilité de notre ville. C’est d’ailleurs et de longue date, la question prioritaire des Parisiennes et des Parisiens tant les coûts de location ou d’achat deviennent hors de portée.